4ème de couverture :
« L’ogrelet vit seul avec sa mère dans une maison au coeur d’une forêt dense, en retrait de la communauté villageoise. Le jour où il commence à fréquenter l’école et les autres enfants, il découvre sa différence : il est le fils d’un ogre que sa mère a passionnément aimé. Pour se délivrer de son attirance irrépressible pour le sang frais, il devra affronter trois épreuves dont il sortira grandi. L’ogrelet, avec ses six ans, sa force extraordinaire et sa terrible hérédité, nous réconcilie avec notre part d’ombre. Un récit noir et tendre qui puise son inspiration dans les contes traditionnels, servi par l’écriture fine et intelligente de la grande auteure pour enfants Suzanne Lebeau. On lui doit aussi Salvador, dans la même collection ».

Mon avis :
Voici un petit ouvrage - une pièce de théatre pour être exacte - très intéressant et qui peut donner lieu à de bonnes analyses. L’ogrelet, ici, ne répond vraiment pas à l’idée que l’on pourrait se faire d’un ogre. On a tous en tête l’image de l’ogre odieux, sale et affamé des contes traditionnels : l’ogrelet de Suzanne Lebeau est aux antipodes de ce stéréotype. Il s’appelle Simon et son seul souhait est de s’intégrer à la société. Tout au long du récit, on le voit lutter contre sa condition d’ogre. Cette pièce de théâtre permet de constater l’évolution de la figure de l’ogre depuis les contes de Perrault : l’ogre contemporain est un personnage qui véhicule des valeurs positives ( la bonté, le courage) et auquel le jeune lecteur peut désormais s’identifier.
Extrait : (scène 6)
"Mère de l’ogrelet. - Tu as appris le mot père à l’école ?
L’ogrelet : Oui, je connais le mot père. Les enfants de ma classe doivent avoir un père parce qu’ils ont l’air de bien connaître ce mot.
Mère de l’ogrelet. -Toi aussi tu as un père, Simon.
L’ogrelet - Dis-moi vite où il est, maman.
Mère de l’ogrelet.- Je ne sais pas où est ton père Simon. Il est parti une nuit de pleine lune.
L’ogrelet.- Il est parti à cause de moi ?
Mère de l’ogrelet.- Pas à cause de toi, Simon ... pour toi ... Ton père était le plus grand et le plus fort de tous les hommes du village, tendre, amoureux ... Tu lui ressembles beaucoup par la taille, la force, le blé mûr de tes cheveux. Tu lui ressembles aussi par le goût de la viander crue qui t’a fait sortir cette nuit, à peine habillé, dans la forêt glacée. Dans tes veines coulent mon sang et le sien. Et le sang de ton père est celui d’un ogre."
==> L’ogrelet, Suzanne Lebeau, Théâtrales jeunesse.

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